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DPE en location : ce que la fin programmée des passoires change concrètement

Publié le 11 May 2026

L'interdiction progressive de mise en location des logements classés G, puis F, puis E s'applique selon un calendrier qui s'étire jusqu'à la fin de la décennie. Le sujet, longtemps théorique, est devenu très concret dans plusieurs régions, et les agences immobilières voient passer des dossiers de propriétaires bailleurs qui découvrent leur situation au mauvais moment.

Ce que dit la loi aujourd'hui

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail. Les baux en cours peuvent se poursuivre, mais à leur fin, le propriétaire ne peut plus relouer sans travaux. La classe F suivra en 2028, la classe E en 2034. Le DPE lui-même a été révisé pour intégrer un calcul plus fidèle au confort réel et à la consommation finale. Beaucoup de logements ont vu leur classe descendre d'un cran après la réforme, ce qui a piégé des propriétaires qui pensaient être à l'abri.

Le coût réel d'une remise à niveau

Faire passer un logement de G à E demande en général entre 8 000 et 25 000 euros de travaux, selon la surface, la configuration et l'état initial. Isolation des combles, remplacement d'une vieille chaudière, isolation par l'intérieur dans les murs froids, changement de fenêtres : la combinaison varie. MaPrimeRénov' et les CEE prennent une part variable du coût, parfois jusqu'à 60 % pour les ménages modestes, beaucoup moins pour un propriétaire bailleur aisé. Compter au minimum 30 à 40 % de reste à charge dans les cas favorables. Pour les copropriétés, les arbitrages collectifs sont plus complexes et étalent fréquemment les travaux sur trois à cinq ans.

Les choix qui s'offrent au propriétaire

Trois trajectoires existent. Premièrement, engager les travaux et conserver le bien locatif, sachant que la rentabilité après rénovation reste souvent acceptable et que le bien sera plus liquide à la revente. Deuxièmement, vendre avant l'échéance, en acceptant la décote sur les passoires énergétiques qui se creuse d'année en année. Troisièmement, basculer en location meublée saisonnière ou en bail mobilité, où les règles sont temporairement différentes, mais où la fiscalité elle aussi a évolué défavorablement. Aucune solution n'est universellement la bonne ; chacune dépend de l'âge du propriétaire, de son patrimoine global et de sa stratégie de transmission.

Le mouvement de fond est clair : les logements énergivores valent de moins en moins et coûtent de plus en plus à conserver. Attendre encore deux ou trois ans avant d'agir aggrave généralement la position du propriétaire.

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