Artisan ou auto-entrepreneur du bâtiment : les vraies différences pour le client
Le statut d'auto-entrepreneur a profondément modifié l'offre artisanale française. Sur les plateformes de mise en relation, sur les annonces locales, sur les bouche-à-oreille, des milliers de plombiers, peintres, électriciens et carreleurs exercent en micro-entreprise. Pour un particulier qui doit refaire une salle de bain ou repeindre un appartement, faut-il s'en méfier ou s'en réjouir ?
Ce que le statut change vraiment
Un auto-entrepreneur du bâtiment doit, comme un artisan en société, posséder la qualification professionnelle requise pour son métier. Plombier, électricien, maçon : ces métiers réglementés exigent un diplôme (CAP minimum) ou une expérience validée. Le statut juridique ne dispense pas de cette obligation. Là où le statut change la donne, c'est sur le plafond de chiffre d'affaires, la TVA (en franchise sous le seuil) et les obligations comptables allégées. Pour le client, la facture sera souvent moins chère, parfois de 15 à 20 %, à prestation équivalente.
Le vrai sujet, c'est l'assurance décennale
Le risque réel ne vient pas du statut mais de l'assurance. La garantie décennale est obligatoire pour tous les travaux liés au gros œuvre et au clos couvert (plomberie encastrée, électricité, étanchéité, charpente, etc.). Or beaucoup d'auto-entrepreneurs débutants l'oublient, la négligent ou la sous-déclarent. Un dégât des eaux trois ans après les travaux peut alors se retourner contre vous, sans recours possible. Avant tout chantier dépassant quelques centaines d'euros, exigez l'attestation d'assurance décennale en cours de validité, avec mention explicite des activités exercées. Vérifiez aussi qu'elle couvre la période des travaux, et pas seulement la date de signature.
Les autres signaux à regarder
Un Kbis ou un extrait de la Chambre des métiers valide la déclaration d'activité. Le numéro Siret doit être communiqué sur le devis et la facture. La qualification RGE est nécessaire pour bénéficier des aides à la rénovation énergétique ; un auto-entrepreneur peut tout à fait l'avoir, mais c'est à vérifier. Enfin, demandez deux ou trois références de chantiers récents, idéalement à des particuliers que vous pouvez contacter directement. Un artisan sérieux, qu'il soit auto-entrepreneur ou en SARL, accepte ces vérifications sans hésiter. Celui qui se braque vous envoie un signal.
Le statut ne fait pas le sérieux. La qualification, l'assurance et les références le font. Bien choisi, l'auto-entrepreneur du bâtiment offre souvent un excellent rapport qualité-prix, surtout sur les chantiers de second œuvre.